dimanche, mai 21, 2006

Je termine mon neuvième mois de célibat.

Ou plutôt, j'entame le dixième. Ô Joie.

Monsieur Charmant n'occupe plus la moindre de mes pensées, puisqu'il n'est pas foutu de se montrer au lycée. Et puis de toute façon, il a l'air un peu petit et beaucoup autiste.

J'ai une trouille bleue de rencontrer Monsieur Guitare, un quasi-inconnu. Je me demande ce qu'il me veut, quelle tête il a, s'il est aussi arrêté sur les épiciers que ce qu'il veut bien montrer. Je me pose des questions sur lui mais j'ai pas envie de les lui poser. J'ai pas envie de lui montrer trop d'interêt, de l'harceler, de lui montrer qui je suis.

J'ai beau taquiner T., lui chatouiller la cuisse genre pas fait exprès, réclamer un bisou, le prier de m'apprendre un kata, lui faire les yeux de Catin puis l'air ***qu'est-ce que tu me veux ?*** ... J'ai beau faire tout ça, j'ai envie de rien. Ni de lui, ni de nous. Simple plaisir de voir ses réactions, de sentir un peu ses yeux sur moi.
E. se tape T. depuis la nuit des temps, et je ne l'envie même pas. E. est gentille, c'est le cas de le dire. Leur couple bat de l'aile depuis des mois et je m'en inquiète plus que je ne m'en réjouis.
Encore ce soir, je me suis écoeurée à espèrer le voir céder, juste pour ... voir. Tellement dégoûtée que j'ai pris le volant avec de la buée plein mes lunettes, à me demander pourquoi je fais ci, pourquoi je dis ça, pourquoi ça tourne pas rond là-haut.

J'ai envie de m'enfermer dans les salles obscures, de regarder des films jusqu'à écoeurement, d'apprendre des biographies de cinéastes par coeur, de rêver à Ailleurs.
J'ai pas envie de penser aux couloirs blancs, j'ai pas envie de penser à la boule noire dans mon ventre, j'ai pas envie de penser.
J'ai pas envie d'ouvrir le courrier, j'ai pas envie de me peser, j'ai pas envie de travailler, j'ai pas envie de savoir.
Et eux qui me disent de pas y penser, de pas m'en occuper, de regarder tout droit, de continuer. S'ils savaient.

S'ils savaient comme je me sens seule ces après-midi là. Face à la fenêtre, le soleil qui me caresse les cheveux. Auto-persuasion puissance dix. Leit motiv en boucle. Ca finit quand. Ca suffit pas les "peut-être". Je veux du concret, du solide, du dur, une date.

Face à la fenêtre en train de me demander pourquoi je suis seule. Pourquoi y'a personne dans ma vie, qui m'accompagne quand je vais m'acheter des chaussures de princesse, quand je vais manger un macaron au Luxembourg, quand je travaille à la bibliothèque, quand j'y vais. Pourquoi y'a personne qui vient me chercher au lycée avec une rose ancienne, pourquoi y'a personne qui me demande du réconfort, qui me raisonne, qui m'attaque, qui me console. Pourquoi y'a personne qui dit que ça me va bien, que ça va avec mes yeux, que j'ai une tête de poupée, que je suis jolie.

Et j'ai pas envie de faire des efforts pour chercher, pour trouver, pour que ça colle. J'ai pas envie qu'on me présente des nazes qui s'intéressent au tuning et à Star Trek.
Je veux que ça me tombe dessus, demain dans le métro, au pub St Germain ou à la sortie d'un UGC, pas maquillée, pas brushée, jean informe et Converses crades.
J'ai envie d'avoir des papillons dans le ventre en le voyant, d'avoir le coeur qui s'accélère en lui prenant la main.

J'ai pas envie que ça dure plus longtemps, d'atteindre le douzième mois fatidique, de retourner ma vie dans tous les sens, de m'empiffrer de chocolat pour que la douleur se calme, de me psychanalyser toute seule, de trouver ce qui cloche.
J'ai pas envie d'arriver à la vingtaine en ressassant ma vie sentimentale qui s'est fait la malle.

Je veux que ça s'arrête, que la chose noire me lâche enfin, qu'elle aille trouver quelqu'un d'autre, qu'elle s'occupe, qu'elle arrête de revenir dès que je l'oublie, de réclamer de l'attention, du mépris.

vendredi, mai 12, 2006

It's all about feelings.
















La campagne, c'était bien. Même le Poète, qui s'est pris pour Schumacher en plus funky, m'a faite rire. Faut le faire.

J'aime bien cette classe. C'est bien la première fois que ça arrive.
Certains sont un peu fous, d'autres juste brillants. Ils ont tous leurs petits trucs, leurs expressions pourries, leurs sales blagues, leurs lectures dossier. Ils savent rire de tout, même de leur ambition. Pas trop snobs, pas trop hautains, ça change.

vendredi, mai 05, 2006

Chasse & Pêche

Le point positif de cette affreuse semaine de concours blancs, c'est Monsieur Charmant.

Cette fois-ci, j'ai eu une chance inouïe, en comparaison avec décembre. Déjà, j'étais dans ma propre salle, la salle dégueulasse, où y'a des souris qui se baladent, des horreurs aux murs [Jude Law défiguré & Steven Seagal, qui dit mieux ?], la poubelle qui croule, la bouilloire pleine d'eau croupie. Bref, la R2 avec accès direct sur la cour d'honneur et vue sur les pouffinas monochromées orange, Diesel moule-string, Longchamp au bras.
Ensuite, j'ai eu une maxi table pour moi toute seule. Et c'est jouissif quand on les voit tous, étriqués avec les brouillons qui s'accumulent, les gâteaux anti-déprime post-découverte du sujet, la bouteille de Guronsan [la Porcine, fraîchement tondue, dispose même d'un chronomètre high-tech (équipée)].
Pour finir, j'avais une vue magistrale sur Monsieur Charmant. Monsieur Charmant est en voie S (on se mélange pas trop, s'il vous plaît). Il paraît qu'il fait des bruits bizarres ; j'ai rien remarqué :') C'est un susceptible, il grogne quand les E font du bruit.
J'ai tenté de lui faire les yeux de Catin, mais ce tocard était bien trop absorbé dans ses f*cking maths.
J'ai même eu le bonheur *ultime* de le croiser dans le métro, Ipod vissé aux oreilles.
Plus insociable, tu meurs. J'a-dore.

Ce très cher Philippe [qui a l'immense plaisir de me servir actuellement de fond d'écran] se repose, dans sa Bretagne natale, de ses frasques normaliennes en Plaine Saint-Denis. Il doit séduire l'indigène dans les criques, le queutard. Pendant ce temps, d'autres triment.

Demain, départ en week-end "Chasse & Pêche" avec une douzaine de mes collègues. Le Poète sera de la partie, on va parler Rimbaud et Lachlos en amoureux. Youpi.
Y'aura des photos si vous êtes sages et si on a des têtes décentes, puisque ça vous intéresse.