samedi, août 19, 2006

J'ai le syndrome Peter Pan, j'ai le sourire béat.

J'ai le syndrome Peter Pan. Je fais la fifille à papa pour obtenir ce que je veux. Je fais les yeux de l'amour, sans contrarieté, avec arrière-pensées. Je tape des pieds, je boude, je grogne.
Allez laisse-moi conduire ta voiture. Mais je vais pas la casser. T'as pas confiance hein.

Je fais la fille ingrate avec sa maman, qui lui reproche limite d'avoir été malade. Et après je m'en veux à mort mais je suis trop fière pour m'excuser dignement.

J'ai le syndrome Peter Pan : j'ai pas envie d'avoir 20 ans, j'ai même pas envie de les fêter. C'était à l'ordre du jour y'a six mois et maintenant plus du tout.
Je rentre dans la vingtaine et y'a tout ce qui va avec qui se précipite sur moi : avancer dans les études supérieurs, finir ses études, recevoir son diplôme, chercher un boulot, quitter le domicile familial, s'installer chez soi, seule ou accompagnée, travailler, travailler pour de vrai, avoir des responsabilités, gagner son argent, le gérer, déclarer ses revenus, payer ses factures, ses impôts, s'acheter une voiture, un appart, défiscaliser, hériter, penser à avoir des enfants un jour, penser à se marier un jour peut-être, partir à l'étranger, prendre une année sabatique et faire le tour du monde en amoureux, s'engueuler, se séparer, retour case départ, célibat-plat préparé individuel-speed dating-saint valentin entre filles-RDV ratés, réussir sa vie professionnelle, échouer dans sa vie personnelle, organiser ses vacances quand on veut ...
Je délire un peu. Ou pas. J'envisage juste l'univers des possibles.
Bref, j'ai pas envie que ça arrive. Je préfère rester étudiante et sous la vingtaine. Bon, pas en prépa, faut pas abuser non plus. Mais étudiante quand même.

Et puis je fais la fille exclusive qui veut s'accaparer son copain même quand il est à 1000 kilomètres. Je fais la fille chiante qui le martèle pour qu'il rentre tel jour, pour qu'il prenne son billet de train sinon-bientôt-y'en-aura-pu.
Colin et moi, on s'est fiancé sur nos profils MSN. Ca, c'est du concret.
NDLR : Que j'entende pas quelqu'un jaser sur son prénom sinon je lui casse la gueule.

Bon, faut que je l'avoue : ça me tue d'être aussi niaise que tout les couples que je critique depuis un an (voire plus). Ca me rappelle MC et Schanki alias Le Poète. J'ai le sourire, je suis de bonne humeur, je suis heureuse, je pense à Quelqu'un en me réveillant, en m'endormant. Même que mes parents se posent des questions sur mon état de santé tellement je suis agréable, facile à vivre (oui, je fais ma Marseillaise là : j'en rajoute un peu). Et puis on s'est pas encore montré en public, enfin devant mon public i.e mes ami(e)s. Je suis sûre que ça va être trop gratiné et que je vais me faire troller : je suis devenue NIAISE.
Lucile : tu me fais une réflexion à la rentrée, je te défigure et je te casse les deux genoux. Et compte pas sur moi pour pousser ton fauteuil après, je suis pas une fille facile.

La remarque intéressante du jour : Paris Hilton chante trop mal. Heureusement qu'elle est bien gaulée sinon elle serait bonne à être euthanasiée.
On peut aussi être dodue-cuissue-ventrue-fessue (barrer les mentions inutiles) ET mal chanter sans pour autant mériter d'être pendue haut et court.

[Instinct de survie, quand tu nous tiens.]
Je suis tombée amoureuse de Cohen, Daniel de son petit nom. J'ai plus qu'à intégrer l'ENS en Eco pour le rencontrer. Ce mec pue l'intelligence. Et aussi le savoir. Merci Rodolphe pour tes conseils de lecture.
Le 15 août est passé ; dans ma tête, c'est comme si les vacances étaient finies. Faut déjà s'organiser pour l'internat, faire des trucs chiants qui servent à rien, genre pallier les incompétences chroniques de la RATP ou de la SNCF, je sais pas bien.

J'essaie de bosser sans pour autant me foutre la pression, chose difficile quand on voit la montagne de trucs qu'il me reste à faire. En boucle dans ma tête, du matin jusqu'au coucher : stresse pas, ça va aller.

Trouver de nouveaux morceaux pour farcir mon Ipod dignement : il ne peut pas rester une année de plus à l'état de poubelle dans lequel il se trouve. Déjà qu'il est tout rayé alors si en plus je garde les intégrales de Manson et Pagny, où va le Monde.

Ecouter Frank Sinatra sans arrêt. Frank Sinatra qui chante joyeux anniversaire. Frank Sinatra et Nancy. Frank Sinatra qui chante des trucs qui vont être (mal) repris par des groupes hip-hop merdeux de quand j'avais douze ans. Frank Sinatra qui chante des chansons d'amour. Des chansons d'Amour. LA chanson d'Amour.

J'essaie de remplir mes obligations de bonne copine mais en fait, j'arrive pas. J'arrive pas à appeler, j'ai pas envie de déranger, je veux pas en parler. J'ai le spleen. Je sais pas pourquoi mais j'ai le spleen. C'est les concours, le "stress des exams", tiens. Sauf que y'a pas d'exams. Y'a pas de place pour les nazes et les autres. Y'a juste les élus.
En parlant d'élus, J. a eu Ulm et elle s'est positionnée 4ième ... C'est pas à moi que ça va arriver. D'un côté, je prépare pas Ulm. Heureusement.

Ce fucking spleen me lâche pas, j'écoute toujours les mêmes chansons pourries comme si j'étais au bord du suicide. MAIS TU VAS BIEN, REVEILLE TOI, TOUT VA BIEN. Et si t'as pas HEC ou assimilable, tu vas PAS mourir.
Tellement le spleen que je fais ma parano sur la Chose noire alors qu'elle est en train de se faire la malle. Elle me lâche cette pute. Casse-toi et t'avises pas de revenir pendant mes concours. Moi, je bosse. Et c'est du sérieux.

Sinon, je pense que Fo est mort. Mais tout le monde pense ça.
Et Bérénice a trouvé l'amour. L'Amour. Pff. MAIS TOI AUSSI, BORDEL. Bon tu vas pas habiter avec lui dans ton propre appart en plein 5ième MAIS il est sexy. Pas que Koalo soit pas sexy ... Enfin, je sais pas on verra, si on le voit.
Moi, mon Némo, c'est une bête de sexe. Il est devenu tout rouge, tout gêné quand j'ai dit ça. Et il en parle encore. J'ai pas trop réfléchi quand j'ai dit ça, c'était sur un coup de tête pour tester, et ça lui a bien plu. Tant mieux et puis c'est pas faux en fait. Il m'envoie des textos d'amour. Des textos d'Amour (enfin, c'est soft, rassurez-vous, on fait pas l'amour au téléphone, nous).

mardi, août 15, 2006

J'ai le sourire béat fermement accroché, même quand on me taquine, même quand on me chatouille.
J'ai des étoiles et des coeurs plein les yeux. Y'a des papillons dans mon ventre, qui s'activent et qui virevoltent quand je pense à lui, quand je pense à nous, quand je pense à ces bons moments qui ne demandent qu'à durer.
La bonne humeur ne me quitte plus, j'adresse des gentillesses à tout va, je complimente de ci, de là, je souris aux vendeuses, au concierge. Même que je travaille sans ronchonner, même que je me réjouis du bonheur des autres.
J'essaie de faire des efforts, d'être une fille bien, qui conjugue douceur et fermeté, principes et liberté, rigueur et humour.

Je souris à ses blagues nulles, je me moque doucement de ses erreurs, je le taquine gentiment.
Je passe sur ses hésitations passées, sur ses maladresses habituelles.
Je l'observe en cachette. Il est arrogeant et mauvais joueur.
Je liste mentalement ses manies, ses tics. J'anticipe ses regards, ses attentions, ses envies, ses appels.

Je le regarde dormir en l'imaginant eveillé, en essayant de me souvenir de la nuance exacte de ses yeux bleus cachés sous ses paupières closes. Je le regarde dormir en lissant ses boucles revêches. Je m'épuise à le regarder dormir. Et je m'amuse à deviner les caresses qu'il préfère, les baisers qui le font vibrer.
Je fais glisser le drap sur nos hanches pour observer son torse, je fais courir mes doigts entre les lignes de son corps, le long des courbes de son visage. Je le regarde frissonner. Je me fais violence pour le laisser dormir. Et puis je le recouvre pour pas qu'il ait froid, pour qu'il soit bien, je me colle à lui, pour capter un peu de sa sérénité apparente, pour deviner ses rêves.

Quand je me réveille, il me susurre des mots d'amour. La douce chaleur de la satisfaction remplace peu à peu le doute. J'ai envie de lui répondre tout de suite mais ça bloque encore un peu. J'essaie de planquer ma maladresse, mon émotion, de faire la fille bien, pleine d'assurance.
J'ai envie de lui dire plein de choses, sans trop savoir par où commencer, sans trop faire le lien entre le début et la suite. Mais ça traîne des pieds, ça bloque encore un peu.

La Chose noire s'accroche, elle griffe, elle se crispe pour mieux résister. Je la chasse, je le maltraite, je lui flanque des coups de balai, des coups de pieds, des coups de poings. Je la pousse dehors, très loin et je tourne la clé deux fois.

Dans le train, Frank Sinatra en boucle.
" The time is right
Your perfume fills my head
The stars get red
And oh the night's so blue "
Le Moche en face de moi m'observe, me reluque comme une bête de foire.
L'air blasé se superpose à mon sourire béat.
Abrutie par le manque de sommeil.
Je ferme les yeux et j'imagine.
" And then I go and spoil it all
By saying something stupid
Like I love you, I love you... "