vendredi, juin 30, 2006

Ainsi commence l'été

Aménager la chambre qui n'a jamais servie, avec le bordel de l'internat et celui qui stagnait ça et là depuis août/septembre. Dormir. Pas de réveil, pas de grincements, pas de chien qui couine, qui gratte, qui pleure. Savourer la clarté, le soleil, le ventilo à fond, le parquet, les murs blancs, l'epace, les pieds nus, la penderie. Adieu le Carton.

Cerveau en veille avec le classage des Crayola de mon enfance par couleurs puis par ordre alphabétique. Regarder Tintin en anglais pour faire genre. Devant des DVD pourris, en écoutant des CD antiques (ex : Hip Hop 2000) (nan, j'ai pas honte), faire de l'épuration dans mon répertoire téléphonique, dans mes papiers, dans mes amis. Jeter le courrier sans l'ouvrir, les journaux sans les avoir lus, les vieilles lettres, les journaux intimes de 10 ans d'âge, des photos d'inconnus, des souvenirs bannis et à bannir.

Dévalisage des magasins mercredi matin à 9H, ne pas penser aux dégâts financiers, à leurs répercussions. Accrochages avec quelques poufs déchaînées. Essayer de satisfaire à la wishlist de Louise, exilée dans sa province bretonne. Et puis échouer.
Ne pas élaborer de budget pour l'Angleterre, ne pas penser à ses questions bassement matérielles. Surtout ne penser à rien.

Au Luxembourg, ce midi, tout en s'empiffrant, élaboration d'une stratégie avec Lou pour remballer Monsieur Guitare avec tact et diplomatie. Essayer de lui faire croire que je me suis trouvée un mâle ET que je suis une femme fidèle. Faire comme si j'étais crédible surtout : tout ça, c'est une question de self-confiance, darling. L'éviter sur MSN en attendant d'avoir affiné ma tac-tic.

Dessiner, dessiner, dessiner. Des trucs moches avec des couleurs invraisemblables, des murs bancales et des fenêtes montées à l'envers. Mélanger les techniques comme en maternelle, feutres et crayons, pastels et craies. Lalala. Copier des photos parce que pas d'inspiration et puis maîtrise zéro de la perspective. Faire du travail de seconde main et soupirer.

Faire l'infirmière, la cuisine et même les courses. Classer mes cours, perforer les feuilles de maths, les gommer, les lisser et surtout les ranger. Prendre les RDV médicaux, élaborer vaguement une liste des "A FAIRE" et penser à penser à élaborer un planning de travail. Peut-être un jour si je veux bien.

Penser à faire un procès à la RATP pour cause d'incompétence chronique, et puis se raviser. Rire de leurs primes de présence et de charbon. Souffrir de la nullité de l'administration Carnot. Pâtir de la désinformation. Et puis tout régler en mains propres, une bonne occasion de dire au revoir dignement au Carton, allongées à ses pieds, dans l'herbe carbonisée, en regardant des magazines très très douteux. Pire que Hip Hop 2000.

Chasser "Fo". L'interroger secrètement, lui chatouiller les pieds avec une plume. Que veux-tu, qui es-tu, où te caches-tu, comment vas-tu.

Donner des conseils vestimentaires à un Autiste sur MSN. Lui ordonner de proscrire polos à manches longues et chemises à manches courtes, pour le bien de la communauté internationale. Lire ses élucubrations littéraires sans rien comprendre. Blondes et bruns : définitivement incompatibles.

Faire la Bridget Jones, compter les jours, les mois.
Faire la célibattante avec le sourire.

mardi, juin 27, 2006

Stellas + Gitans = ?

Courir dans les jardins du Ranelagh en plein hiver équipées de l'indétrônable polaire couleur guimauve, commencer le Régime Après-Fêtes au mois d'avril, sevrage de Kinder & orgie de légumes, tentatives d'abdos, séances manucures et shopping interminables : autant d'appels aux secours des Stellas aux Gitans.

Qui sont-ils ? Juste l'Homme idéal. Oui l'Homme avec H. Changeant, imperturbable, insaisissable.

Commençons par le commencement.
Il y a eu les Jean-Charles à chemises rayées, jeunes hommes de bonne famille, bravant la foule des rallies, sabrant le champagne mode Le Poète. Ray ban de travers et mèche ajustée en un équilibre fragile. Coke, écoles de commerce de merde, snobisme puissance 2000.

Puis y'a eu les Bad Boys, du Coco au Black. Dans tous les cas, bien propre sur lui, costume-chaussures cirées-rasé de près. Métro-boulot-dodo. Jeune cadre dynamique dans la pub ou étudiant précaire en Langues O.

Désormais, on est passé au stade Gitan, Lou la première.
Le Gitan a surmonté à la fois le complexe d'Oedipe et aussi le complexe du Provincial fraîchement débarqué à Paris.
Le Gitan porte des Converses d'Avant-Guerre ou pire, des espadrilles corail.
Il se traîne dans Paris Est, décomplexé, boit de la Kro à la bouteille, se fout des OGM et ignore tofu & oméga 3. Il crache sur le Queen et sa clientèle de merde, dénonce la nullité du Pub St Germain, ses serveurs presque aussi crétins que maladroits, ses tarifs prohibitifs, son ambiance artificiellement mi-glauque mi-chic.
Il vit dans une roulotte, écoute du rock sixties et les daubes actuelles (non, pas Diams).
Il joue du bango et a les cheveux gras. Il prône les bienfaits de la campagne, vote Verts ou rien.
Il sent bon l'homme viril lavé tout les trois jours, il sent Woodstock et la terre après la pluie.
Pas rasé, pas brossé. Quasi-inculte, qui ne remarque ni les allusions à Voltaire ni les pastiches d'Apollinaire.
Du genre rustre, qui dit pas bonjour, pas merci. Qui crache sur Almodovar, sur Tim Burton. Qui dénonce la société de consommation, l'art de la parure, l'intelligence académique et la fille Coppola.
Qui parle fesses et cuisses au Petit déj. Qui chante avec sa voix de mâle.
Qui suinte le mal-être et la sérénité.

lundi, juin 26, 2006

J'aime pas les hommes

Départ du carton, retour maison et les emmerdes repartent.

J'aime pas les hommes, je les déteste, je les maudis.
J'aime pas leur cachoterie, leur impatience, leur gourmandise.

Tous des connards, surtout Papa.

Quand je comprends tout ce que tu es en fait, je me mets à espèrer que notre Dieu existe vraiment, qu'il te punisse, qu'il te châtie, qu'il te flagelle. Que tu paies, que tu supplies, que tu pleures, que tu cries.

Et puis tout s'évanouit, même la colère, même la rancoeur.
Place aux souvenirs qui ternissent, aux vieilles photos, à la mélancolie, au "bon vieux temps", celui de l'ignorance. Celui où je le regardais avec des étoiles dans les yeux, où je le trouvais grand, beau et fort, où je rêvais de trouver un Prince Charmant grand, brun et typé.
Toi, toi, toi.
Le pire, c'est bien que l'archetype du Prince Charmant n'a pas changé. Il est toujours là, le grand brun, froid, distant et cynique.

Tant pis.
Je ne te traquerai pas, pas cette fois. Finalement, tu es grand, tu sais ce que tu fais, ce que tu veux.
Tant pis si t'es inconscient, si tu ne te rends pas compte.
Tant pis si t'es pas aussi raisonnable que ce que j'ai eu envie de croire.
Tant pis pour toi et surtout tant pis pour nous.

vendredi, juin 02, 2006

Le Poète et MC ont officialisé leur amourette, après s'être quelques temps pousuivis et cachés comme des pré-ados. L'idée m'écoeurait il y a quinze jours ; aujourd'hui, elle me ravit. Le Poète s'adoucit au contact de MC et puis je ne peux pas me résoudre à ignorer MC sous prétexte que Le Poète est prétentieux. Elle constitue une thérapie pour Lui, pour le moment du moins.

Et tout ces couples, et ***c'est le Printemps***. Toujours pas rappellé Monsieur Guitare. Pas envie d'ailleurs. Pas envie de me demander si je dois mettre un pull turquoise ou noir, des ballerines ou des Converses, un jean ou un jean.

A défaut d'un Mâle, j'ai ma Lou. Les deux ne sont pas substituables l'un à l'autre mais elle constitue un bon Ersatz. Pourtant, elle a la tête remplie d'idées noires ces derniers temps. C'est à peine si je peux encore me plaindre. J'ai envie de les lui griller, les vilaines, comme on grille la Chose noire. Efficace et rapide.
J'ai envie de la traîner par la manche à Montmartre, de la pousser insidieusement à engloutir une montagne de trucs caloriques avec moi pour me déculpabiliser (c'est ça, les amies).
On parle de Fo, de sa chose noire à lui. Il a dû se perdre dans les couloirs blancs, ou bien les hommes en blanc le séquestrent encore. On lui souhaite du mieux, du bon, du bien.

Et puis Lou qui doit tremper son lit toutes les nuits avec ses larmes, qui y pense toute la journée sans interruption, qui l'utilise un peu pour justifier son "jm'en foutisme hypokhagnique 2005/2006" auprès de la Monica.
Lou qui dit rien, qui rigole du pire, qui ne me freine même pas dans mon envie de 1/2 litre Amorino du Dimanche soir. Qui fait comme si tout allait bien, comme si tout ira bien.
Y'a bien que lui, le Rendez-Vous des Fans, avec son fond rose moche, qui a droit à ses peines, à ses pleurs.

Lou qui perd sa carte Imagin'R, sa carte UGC, ses billets de train, ses clés et toujours pas décidée à apprendre à ranger. Lou qui laisse pourir son linge dans son sac de voyage pendant quinze jours, qui avale les Kinder Bueno par paquet de trois, et qui se trouve obèse.
Lou qui crache, qui crise, qui dort et qui blog au lieu d'apprendre la grammaire italienne.
Lou qui impose à Fénelon une présence disons discrétionnaire.

Et Lou qui a gagné son passage en Khâgne quand même, du moins tout le laisse penser. Tout ça parce qu'elle a fait la belle devant Monsieur Lettres. Elle lui a fait du charme, elle lui a fait de l'esprit. Et il est tombé dedans comme l'ado qu'il n'est plus.

La fin de l'année qui approche, ça sent bon l'été. Ca sent le soleil, les soldes, Paris. Ca sent l'Angleterre, ça sent les souks. Et puis ça pue les maths aussi. Passons.
Reste trois semaines de cours, dont une qui s'annonce difficile.

Le Conseil qui arrive, le véto qui peut tomber. Cap ou pas cap de signer pour une année de plus ?
Trois semaines et plein de choses à faire. Aller au Parc Monceau, manger des sushis cacher, cracher sur la prof d'allemand. Essayer de constater une application concrète de ce doux bourrage de crâne.

Envie de savourer, de profiter, de la fin de l'année comme de l'été.