vendredi, novembre 17, 2006

Chronique cinéma pour mon fidèle lectorat.

*** Le dahlia noir ***

C'est chiant, c'est gore, c'est étouffant. On s'ennuie mais on arrive pas trop à se couper de l'ambiance glauque.
Josh Hartnett est définitivement trop laid. Je comprends pas qu'on puisse lui trouver quoi que ce soit. Il a un regard bovin, une tête de veau, un corps de culturiste, je déteste. Repoussant. Il est à peine bon à jouer un rôle de playboy merdeux mode golden boy. Voilà, ça, c'est fait.
Sexe, meurtres et poudre blanche : De Palma a encore sévit.


*** Le concile de pierre ***

Je suis mitigée. Là aussi l'atmosphère est prenante, stressante.
Je crois que j'ai pas trop aimé. Y'a des aspects limite S.F et j'aime pas.

Le bon point : Monica Belluci est humaine et ça, c'est rassurant.
i.e : elle a des cernes, des rides et peut-être même de la cellulite.


Bon OK, c'était nul mais j'ai sommeil. Et puis de toute façon, j'ai rien de beaucoup plus constructif à en dire. Ca m'apprendra à détruire les critiques de première.

Ma vie est un joyeux trou noir

Alors là, je crois que je me suis pris l'engueulade téléphonique de ma vie.
"Nan mais c'est de l'inconscience, ça frise le suicide, j'espère que tu en as conscience."
Bon je commence au début.

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Mercredi fin d'aprem. Ma nouvelle paire de bottes dans leur grande boîte au bout du bras, ma petite joie de la semaine. Un Diesel d'il y a trois ans à Londres, Oxford Street, même que je me demande à chaque fois par quel miracle mes fesses rentrent encore là-dedans. Ballerines explosées mais ballerines irremplaçables avec le talon qui claque, comme les chaussures de dame. Sauf que ça me torture pas les pieds et que j'ai pas l'air de mesurer deux mètres quarante.

Mission "trouver un taxi" accomplie en moins de cinq minutes. Grisonnant, bedonnant, Chérie F.M et T-Shirt Culture Pub. Mais sièges cuir & il a un G.P.S donc j'ai la tranquilité pour dix minutes, quinze avec la circulation. Je lâche l'adresse du Carton, je visse mon iPod dans mes oreilles.

Chopin. Paris Hilton. Franz Ferdinand. Re-Chopin. Et aussi re-Paris Hilton, je le confesse.

Un quart d'heure avant, à l'intérieur, bureau blanc, bureau froid. Chambre froide, chambre noire.

Troisième tentative pour signer la liasse de papier et cette fois-ci, c'est la bonne. Il n'y aura pas de quatrième RDV où j'arrive, la tête en vrac, les idées pas claires, à lister le pour, le contre. A comparer l'incomparable, l'avenir et le présent, aujourd'hui et demain, l'intuition ou la raison ...
Débarassée. Je paraphe, je lis et j'approuve. Je signe bon pour accord.

R. qui m'observe. Je lis ses pensées dans ses yeux et j'essaie de détourner les miens, histoire d'éviter ce qu'il n'a encore jamais vu.
R. ... L'archetype du mec de bon conseil qui veut le bien de tout le monde. De moi aussi.
L'archetype du mec qui a compris que c'était pas la peine de discuter avec moi, qu'une décision est une décision.

R., déconcerté. R., la cinquantaine grisonnante, qui me lâche : "Tu es une énigme", avec l'accent en prime. Sa voix douce, son regard plein d'incompréhension.
"Et qu'est ce qu'ils vont dire ? Et tu vas te faire engueuler ..."

"Je suis majeure."
Première fois que cette phrase traverse ma pensée et sort de ma bouche. Seule réponse possible en fait. Pleine de bêtise, de suffisance et d'illusion. Fallait bien trouver un truc et j'avais envie d'écourter le RDV.
Je suis majeure. Et alors. J'ai le droit de voter et de conduire. Mais apparemment je suis irresponsable quand même.
Je suis majeure. C'est moi qui signe. Je suis majeure.

Dans le taxi, les yeux embués. Chopin, l'harmonie parfaite, c'est plus beau que le silence (et que Daft Punk). Satisfaite quand même, la douce sensation de prendre ma vie en main, de suivre mon intuition, de m'en remettre à ma bonne étoile. Et puis ***on verra bien***.

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Ma vie est un joyeux bordel. Conclusion honnête, lucide et concise, faite hier, onze heures passées, vautrée entre les deux bornes Internet moyen-âgeuse du Carton, sur une table basse dégueulasse dont mon manteau d'amour ne s'est toujours pas remis.

Il paraît que je suis inconsciente. Possible.
Il paraît aussi que j'ai un caractère de merde. Approuvé.

Franky (N.D.L.R : Le psy que j'ai vu 4-5 fois et avec qui j'ai été trèèès vilaine.) m'avait confiée que j'avais des tendances obsessionnelles.
"L'obsession est une pensée angoissante qui s'impose et dirige toute la vie de l'individu, au point de lui faire perdre le sens de ses priorités."

Appel à ceux qui me connaissent pour de vrai :
***je ne suis pas concernée, hein ?***

Je sais que je classe mes bouquins par taille puis par éditeur, puis par matière, mais c'est parce que c'est mieux comme ça. Et puis mon iPod est aux antipodes du rangement obsessionnel. C'est l'anarchie la plus totale, 60 Go laissés au hasard. Ca, c'est de la preuve béton.

De toute façon, Franky était plutôt mauvais, je crois. Son sourire pincé, sa voix contrôlée, son silence prostré. J'avais envie de le secouer et de vérifier si c'est pas LUI qui a des problèmes sérieux.

Je m'égare.





J.F bien sous tout rapport.

Lundi, entretien de personnalité avec le beau vieux qui me sert de prof de lettres/culture générale. J'angoisse comme d'hab.
Dès le matin, ligne 9 puis ligne 3, sur le boulevard Malesherbes : conditionnement psychologique pour remplacer le "ça me saoule" par le "je suis une J.F bien sous tout rapport".

13H20, une salade acide dans le ventre, sur la mezzanine du hall Eiffel/Guy Moquet. Les sales mômes de Carnot qui bloquent les escaliers. Une sale envie de leur marcher dessus, pour voir comment ça fait. J'attends devant la salle en faisant les cent pas, je laisse trainer mes semelles sur le parquet antique.

A. sort de son entretien, l'air crispé. A. est un modèle de gentillesse, d'honnêteté, de serenité. Son seul problème : ses frequentations.

En piste. Sourire, regard franc et assuré, épaules ouvertes, dos droit, genoux serrés, frange lissée. Jean droit extra-brut. Ceinture cuir. Ballerines cuir. Pull qui va bien. L'uniforme habituel.

Même pas besoin de me présenter, les questions commencent de suite.
"Pourquoi la prépa ?"
Bonne question en fait. Je lui sors le discours pré-mâché que j'ai même fiché pour être bien certaine de pas trop déraper. Bah oui, vocation. Bah voyons. Non, le droit, j'ai hésité, mais en fait, une filière généraliste c'est très très important. Parce que moi j'aime tout, j'ai de la curiosité intellectuelle, tu vois quoi. Moui, je maitrise aussi les tics de langage (même les "genre", et la voix qui tremblote, l'intonation soit-disant parisienne et tout le tralala). J.F bien sous tout rapport, vous dis-je.

"Ah oui, vous voulez faire de la finance ? "
" Une carrière internationale ? Mais pourquoi ? Vous savez, les déplacements professionnels, ça devient vite contraignant, lassant ..."
J'argumente. Je le contredis en douceur, je m'affirme subtilement.
Ses petits yeux bleus enfoncés me scrutent. J'ai des frissons, j'ai la tremblote, je déteste ça, m'exhiber, leur mentir, me mentir pour mieux les convaincre, les convaincre que je suis LA personne à avoir dans leur école, les convaincre que je ferai une bonne élève bien engagée, de celle qui fait partie de douze associations et qui rêve d'être élue au BDE, et puis plus tard un bon cadre loyal et bien zélé.

On parle politique, Europe, Sarkozy/Royal, le sogenannter dilemme vie professionnelle/avoir des gosses. Non mais tout ça c'est super compatible. Surtout quand on n'a pas trop envie de s'encombrer avec des gosses.
Même pas eu le temps de caser mes loisirs, mes aspirations, les rêves et les envies. Comme si y'avait même pas un peu de place pour en parler, même quand je dois parler de ma petite personne.

Reprise du prof. Verdict.
Bétonner la finance.
Des qualités évidentes de communication et de négociation. (Je cite.)
Il a même dit que j'avais l'air d'avoir des compétences en diplomatie.
C'est VRAI je ne mens pas.
La sentence tombe : 14. Satisfaite : c'était l'objectif fixé par Boris avant de rentrer dans la salle.

Bilan personnel :
- Je sais faire la J.F bien, je sais être sage, mesurée, pleine d'optimisme, d'enthousiasme.
- Je maîtrise les sourires convenus, les regards charmeurs mais pas insolents.
- Je sais mentir, je sais me mentir.

dimanche, novembre 05, 2006

Non, c'est pas possible. C'est un cauchemar, réveillez-moi.
Non, c'est pas possible que TOUT arrive en même temps.
Y'a tout qui tombe en ruine, qui s'écroule comme un château de cartes.

Là, j'ai qu'une envie : m'endormir et surtout, ne pas ouvrir l'oeil avant 3 ou 4 mois.