dimanche, février 18, 2007

Le plus beau sac du monde est en ma possession.

"Celui qui est beau dans toutes les couleurs, même les plus pouffis, tellement le cuir est souple et soyeux.
Celui qu'on met aussi bien pour sortir qu'en jean troué & Converses défoncées.
Celui qu'on achète dans sa pochette en satin ou en coton épais, couché dans un sac rigide en papier-carton brillant, avec une inscription beaucoup trop voyante."

J'ai pris une couleur pouffi mais pas trop. Je me suis décidée en moins de cinq minutes.
Le coup de foudre :D

Y'a "Zadig & Voltaire" gravé sur les fermetures éclairs.
Il est suffisamment pour qu'une personne normale parte en week-end avec.
Je l'aime.

Lalallalalla, la déesse de la société de consommation m'a redonnée le sourire.

samedi, février 17, 2007

***Il paraît*** que je deviens quelqu'un de Bien.

Je déteste l'injustice. Ca m'a toujours révoltée. Et encore plus qu'en j'en suis victime (là, c'est mon âme d'épicière GripSou qui reprend le dessus). Je déteste quand on ignore les problèmes, et ce, encore plus quand les problèmes en question sont mes problèmes.
Alors je m'étais mise en tête de sortir M. de ma vie. Un peu comme j'ai sorti Ph. un jour. En le rangeant dans sa petite case bien assez large pour lui, en le reconsidérant, en comptant les plus et les moins. Avec double points pour les moins. En appelant plus. En espaçant les sorties. En effaçant son numéro.
Alors j'ai repensé à son téléphone qui sonne dans le vide quand on a prévu quelque chose, aux SMS qui restent sans réponse. J'ai repensé aux sorties qui tombent à l'eau une heure avant sans merde ni merci. J'ai repensé aux petites cachotteries, de celles qu'on vous balance le lundi matin, dans la cour d'honneur, avec un naturel déconcertant. J'ai repensé à toutes ces petits choses qui m'ont fait croire qu'on ne peut compter sur M. que pour les problèmes de Chose Noire. Et encore on dirait de la compassion mal placée.

Alors j'avais décidé de limiter nos contacts, de faire dans la courtoisie de personnes assez bien élevées. De dire : "oui", "non", "merci" et "salut" dans mes bons jours. De prendre sa clé chez la Rousse parfois. De continuer à faire les trajets quotidiens côte à côte jusqu'à la fin de la semaine et puis, après on verra.
J'ai finalement dû me résoudre à avoir M. à moins de trois mètres de moi au cinéma. J'avais parié qu'elle ne viendrait pas et qu'elle ne nous préviendrait pas. Comme je suis mauvaise langue (ou plutôt comme M. a eu un comportement tout à fait imprévisible), j'ai perdu et j'ai dû payer un coca à B., sa race. Un maxi en plus.
Et après je me suis murée dans le silence face à elle dans le métro. J'ai regardé la ligne 9 défiler sur ma gauche. De Saint Augustin jusqu'au XVIème. J'ai regardé les quais et les tunnels se succéder en espèrant que ça passe plus vite.
Malheureusement, Rue de la Pompe, un pré-minet de douze ans mon cadet décide de nous imposer sa présence odorante et de rompre ma méditation.
Note pour lui : l'eau de Cologne, c'est avec modération.
Fous rires.

Et nous sommes allées acheter un maxi pot d'Häagen Dasz chez les escrocs adjacents au Carton (enfin, juste après la banque de ploucs de Lou). De l'Häagen Dasz post-réception des notes du concours blanc. Avec des morceaux de brownies et du caramel tout mou. De l'Häagen Dasz qui suinte la crème, encore pire qu'Amorino.
J'ai dû me résoudre à inviter M. dans ma cellule, à l'armer d'une cuillère à dessert. Et ce vendredi 16 à dix-sept heures, nous fumâmes le calumet de la paix, en silence, 4000 calories dans nos ventres respectifs.

samedi, février 03, 2007

J'ai décidé de snober Q.

Sa petite existence bien rangée et ses rêves nomenclaturés me dégoutent.
Son air pincé et ses principes de catholique bien pensant me mettent hors de moi.
Je suis sûre qu'il a été chef scout et/ou enfant de coeur.
Nononon, je ne replongerai pas.
En plus, c'est un goujat.

Voilà, tout est dit.

Ce matin, je suis allée prendre la température de ma Boule Noire.

A cause d'elle, j'ai dû me lever à l'aube mais elle va bien. Bien au chaud dans mon ventre, on la comprend, on la jalouse même. Pendant que l'infirmière me prenait un peu de sang, je me suis dit que, depuis le temps, j'aurais pu le trouver un vrai nom : elle le mérite bien.

C'est U. alias ma deuxième Maman qui m'a accompagnée. U. est restée dans la voiture en lisant Steinbeck. U. n'aime pas les H. : elle en fréquente beaucoup trop, c'est pour ça.
En rentrant, elle a voulu qu'on parle allemand. U. a beau vivre en France depuis 30 ans, elle parle toujours aussi mal, mais c'est aussi pour ça que je l'aime bien.

En rentrant, je me suis remise en pyj pour faire comme si je n'y avais jamais été.
Quand je rentre du Carton après une longue absence, Maman m'a toujours préparée des Spätzle. Toujours-toujours-toujours. Je les mange toujours dès que j'arrive, même si il est 10 heures du matin.

Ca me rappelle les vacances à Freudenstadt quand on était petit. Se lever tôt pour aller à la piscine. Manger une glace italienne après la piscine.
Aller marcher dans la neige l'après-midi jusqu'au château. Hurler parce que j'aime pas la neige. Prendre un Apfelstrudel ou un Käsekuchen avec un Wiener Schokolade tout en haut du château, en regardant la Forêt noire toute eneigée.
Se promener sous les arcades à 17 heures alors que tous les magasins sont déjà fermés. Les Bretzels chauds et les Brötchen du coin de la rue.
Souvenir, souvenir.

Vous diriez sûrement que ça ressemble à des pâtes mal salées. Mais c'est F A U X.

Monsieur Q. ou comment s'occuper l'esprit.

Q. m'énerve. Son regard me dérange.
Je trouve qu'il ne s'intéresse pas suffisamment à moi. Je mérite plus, j'exige mieux.
J'attends souvent un SMS de lui le soir et je suis très rarement satisfaite.
Il m'arrive même de céder et de me décider à amorcer l'échange de SMS. Oui, il m'arrive de céder quand Q. m'ignore. Je fais parfois un pas vers lui pour lui dire bonjour, le gratifier de deux-trois vacheries, le frôler en ayant l'air de pas y toucher.
Même que j'ai déjà regretté d'avoir été vilaine avec lui. Mais pas longtemps.

Q. m'énerve. La distance qu'il maintient entre lui et le reste du monde m'énerve.
Je déteste. Il me fait penser à moi avant. Un détachement hautain qui frise l'égocentrisme.
Un regard trop perché, limite au-dessus de la masse. Des réflexions mal placées et un snobisme à tout épreuve.

Q. m'énerve, avec ses allusions pas vraiment allusives., son ambiguité bien entretenue.
Du genre à vous faire vous demander s'il vous aime juste bien ou bien et plus si affinités.

Arbitrer pour doser la validité des intentions de Q..
Lou retient sa bénédiction depuis qu'elle sait que Q. la trouve dénuée de toute personnalité.

M. conseille l'immobilisme. Attendre.

L. bosse après s'être empiffrée chez Dino (la pute). De toute façon, ça n'aurait rien changé.


Humeurs : saison automne/hiver.

Samedi soir. Pub Saint Germain.

Compter les heures de temps libre.
Lister les films que je veux voir absolument.
Mater les serveurs. Leurs fesses molles, leur anglais pourri et leurs cheveux crasseux.
Compter les calories & s'auto flageller.
Parler, parler, parler. Rire un peu.
Les hommes, les autres.
Le gras du cul des unes, la surcharge pondérale bien présente des autres, mais répartie avec finesse s'il vous plaît.
Parler piano & judo, nuance de blond & brushing.
Décréter que le Pento est inflammable.
Résister au cookie du Starbucks. Résister à Amorino.
Le nouvel an des unes qui se fait finalement sans les autres.
Ecouter Diam's cracher sa haine.
Constater que B. est devenue raisonnable et surtout très utilitariste avec son enfoiré affectif : tant mieux.
Compter les semaines jusqu'aux vacances. Compter les semaines juqu'au concours.
Stresser. Stresser pour les notes, stresser pour les concours.
Se demander ce qu'on va finalement faire pour le nouvel an, puisqu'on s'est officieusement faite éjecter.
Venir à penser que finalement, on a pas envie de faire grand chose.
Stresser. Stresser pour les notes, stresser pour les concours.
Se demander furtivement quelles sont les hypothèses de l'inégalité des accroissements finis.
Essayer d'être optimiste mais lucide.
Se faire cracher dessus parce qu'on se demande à quoi ça mène, la musicologie.
Se dire que son géniteur vit dans une dimension parallèle.
Londres, Londres, Londres.
Rêver de chaussures neuves, de Converses en cuir, de sweat Gap et d'amour.
Rêver du Chevalier, se dire que c'est parfaitement stupide, qu'il a l'air vaniteux et très moqueur. Et le croiser ce matin. Et penser à la fille stupide mais jolie qui le fait fantasmer.

***

Depuis octobre, j'avais en tête que M., ma prof de maths à Optimal, est un alien. Double 20 en maths à HEC. 20 à toutes les épreuves de maths d'ailleurs. Quelques années de plus que moi, un bac mention TB, un diplôme d'HEC, un autre de la meilleure fac d'éco de Londres, encore un de la meilleure école de stats de France, bientôt une thèse d'économie. Et pourtant, depuis ce matin, je commence à me dire qu'elle est bien de chair et de sang. Parce qu'on a parlé longuement. D'elle, de moi, des études, de la vie.

Elle me demande ce que je veux faire de ma vie. Je lui réponds : "Finance". Elle me demande ce que je veux vraiment faire. Je lui réponds des trucs vagues et sans rapport entre eux : pas de ressources humaines, pas de paperasserie abusive, des chiffres, rien qui ne m'expose au grand public, quelque chose dans le cinéma, carrière internationale, voyager, parler anglais et pas allemand ...

Elle me parle des chemins de vie : notre destin à chacun, s'ouvrir aux autres filières, aux autres gens, ne pas rester bloquer sur le microcosme de la prépa, penser à ce qu'on a envie de faire des soixante prochaines années, ce qui importe vraiment, nos indispensables, nos essentiels.

Elle me dit qu'être brillante, ça sert à choisir ce que l'on veut faire. M. m'inclut dans les gens brillants même si elle vient de me coller 4,75 à mon concours blanc, qu'elle a qualifié d'"infâme" &, pire, "inquiétant".

Elle me demande si je crois en la gloire, si ça m'intéresse. Je lui réponds que je m'en fous, que je veux qu'on me laisse en paix, m'épanouir, faire ce que je veux, ne pas trop rendre de compte à des emmerdeurs sans cerveau ni compassion, prendre un day off quand j'ai envie, faire du shopping sur la 5th avenue sans penser aux excédents de bagages, lire la presse économique pour le plaisir, parler à qui j'ai envie quand j'ai envie, manger des sushis à tous les repas, prendre des bains de Coca Light, nager dans la mer morte, apprendre à piloter les avions ...

Je lui dis que j'asphyxie, que j'ai l'impression que mon corps tape des pieds, qu'il traîne les talons.
Je lui explique que tout ce qui en maths était quasi-limpide l'année dernière s'est obscurci, que j'ai l'impression de réprendre à zéro, que je serai jamais prête, que j'ai peur d'échouer & de devoir l'assumer.

Non, je peux pas cuber. Mon corps dit non. Il a déjà trop souffert, je ne peux pas lui faire ça. Il a envie d'avoir 20 ans, de se coucher à l'heure où tout le monde se lève, de danser au Queen tous les week-ends comme avant ; il a envie de goûter aux toxines, à l'alcool ; il a envie de voir ce que ça fait de conduire émêché, de marcher pieds nus sur les Champs un premier janvier eneigé. Il en a marre de supporter ma vie bien rangée, les jeans brut et les pulls gris, les ballerines trop cirées et les pliages Longchamp informes. Il veut une vie Rock'n'roll, faire l'amour tous les matins, sourire aux inconnus dans le métro plutôt que de fuir leur regard libidineux. Il a envie de vivre, de sortir du carcan que je lui impose, que l'envie de dessiner revienne, qu'on court dans la forêt quand le soleil tombe, qu'on trouve le chemin du tatami.

***

Kushmi Tea, Pop'in & J.

Ph. a décidé d'arrêter de bouder, bouderie entamée suite à un échange de SMS plutôt violents. Après deux mois de silence complet, SMS d'invitation à sa soirée d'anniversaire, invitation hésitante presque craintive.
"Oui, peut-être. On verra."

Samedi, 21H, Charles de Gaulle - Etoile. A la recherche d'un cadeau.
Je me demande déjà comment ça va se passer, s'il y va y voir excuses ou non, si ça va être glacial ou juste froid.
Je me demande qui sera là, comment c'est ce Pop'in, si j'ai une tenue adéquate. J'ai mis un slim noir, mes bottes d'indien et un tshirt blanc Japan mania pour me fondre dans le décor.
J'ai une boule au ventre. Je me sens pas en sécurité. Je snobe le vigile du Drugstore qui me fixe comme si j'avais envie de voler un sac Sonia.

21H40, Saint Sébastien Froissard.
J'ai 40 minutes de retard, pour la première fois de ma vie. Volontairement en plus.
Je monte l'escalier escarpé, je traverse le couloir, un jeune rockeux plus très net m'attrape les hanches.Je le fusille du regard, je l'assassine à tel point qu'il s'excuse, l'air confus, comme si je l'avais sorti de son brouillard l'espace d'une seconde.
J., R., C. et Ph. naturellement. Dernière place assise. Coincés à côtés du piano. Smirnoff Ice, bière opaque et Diet Coke.
Maison à deux étages, lumière jaunâtre, atmosphère enfumée, piano désaccordé, chaises, tables, banquettes de bric et de broc, me voilà à Paris Est.

D'autres invités arrivent, une khâgneuse, une ex-khâgneuse avec son copain khâgneux, une autre ex-khâgneuse en manteau rouge, une amie commune de lycée.
La khâgneuse sort un discours pré-mâché sur les Sefarads à J.. Je la remets dans le droit chemin. Je pointe l'amalgame.

J. n'a pas vraiment changé. Toujours cet horrible nez vaguement écrasé qui me fait penser à Mitso Hiratu du Lotus Bleu. Il s'est fait beau ce soir. Je l'observe pendant qu'il subit le discours niaiseux de la khâgneuse pas vraiment discrète. Les traits fins, les cheveux rebelles, le jean ajusté cette fois.

C. nous raconte qu'elle doit partir un semestre à l'étranger l'année prochaine. Elle ira à Londres ou à Amsterdam si elle est toujours avec son copain, en Asie sinon. Je lui dis qu'elle devrait choisir selon son envie, ce qui l'attire. Découverte, culture, immersion, dépaysement. Elle me parle C.V et couple. Forcément, s'il on voit les choses sous cet angle ...

J. dit à R. (qui répète à Ph. qui me transmet ...) que j'ai la même coupe que Madonna. D'abord vexée puis satisfaite quand on me rappelle que J. est le fan absolu de Madonna.

23H30, j'embrasse tout le monde, du moins ceux qui sont accessibles tellement la pièce est surchargée.

R. m'arrête, me souhaite bonne chance pour les concours "si l'on ne se revoit pas d'ici là", me dit de partir sans a priori, glisse un mot sur la part de chance ... Pendant que je bois ses paroles, J. me fixe, menton relevé. Je fais comme si je voyais pas. Je me demande ce qu'il a en tête, sûrement rien du tout.

Ph. se lève, m'effleure le bras et m'embrasse sur les deux joues. Je lui demande s'il a fini de faire la tête : "moui".

23H35, Saint Sebastien Froissard.
Deux types moches et bedonnants me gratifient d'un "bonsoir" intéressé. Snobés.
Ipod greffé à mes tympans, je savoure Franz Ferdinand pour rester dans l'ambiance.
Je pense et je retourne les images, les paroles dans ma tête.

Bonne soirée, en fait.

***

Vendredi soir, direction Strasbourg Saint Denis avec S. qui veut s'acheter un sac cheap.
S. m'a énervée quelques jours avant mais je prends sur moi. Je mets entre parenthèses. Elle ne comprendrait pas. Mes principes débiles & ma sale humeur.

On arpente le grand boulevard, on se perd rue de Saint Denis. Une pute tous les cinq mètres. La cinquantaine bedonnante, seins refaits, bouche artificiellement ourlée, brushing blond californien : la totale.
Tenues minimalistes et/ou transparentes pour le plaisir des yeux, Messieurs ...

Je me demande ce que je fous là. Une chinoise essaie de me faire acheter un sac en skaï prune. J'ai une tête à porter un sac en skaï prune ? Je décline et remercie.

S. fait toutes les boutiques, je suis comme un fidèle Milou. C'est moche, moche, moche.
Je dis à S. qu'avec le budget de fou que ses grand-parents lui ont octroyé pour Noël, elle ferait mieux de s'offrir Le sac.
Celui qui est beau dans toutes les couleurs, même les plus pouffis, tellement le cuir est souple et soyeux.
Celui qu'on met aussi bien pour sortir qu'en jean troué & Converses défoncées.
Celui qu'on achète dans sa pochette en satin ou en coton épais, couché dans un sac rigide en papier-carton brillant, avec une inscription beaucoup trop voyante.

Ca me rappelle les chemises parfaitement repassées, les chaussures en cuir souple cirées mais pas trop, lacets en coton et chaussettes en fil d'écosse.
Le drap de laine qui tombe comme de la soie, le navy blue & le rose layette.
Le blanc & le noir. Le maron et tous ses camaïeus.
Les ceintures en cuir souple, les sacs, les porte feuilles soyeux.
Le cashmere qui caresse la peau. La laine d'agneau naturelle.

Les inscriptions invisibles.
Le beau.

***

La copine de B. n'est pas si cool que ça.
En partant du constat qu'A. sort avec B., je ne pouvais qu'avoir un bon a priori la concernant. Mais en fait, non, A. ne mérite pas tant de clémence.
A. ne sait pas dire bonjour. A. nous ignore, A. m'ignore. A. a le regard vide & glacé.
A. frôle l'incorrection, pour ne pas dire qu'elle nage en plein dedans.

B. étant très peu porté sur le sujet, juste le minimum vital pour la vie en collectivité, n'y est pas très sensible. Mais B. a d'autres qualités. B. est un vrai ami, de ceux qui vous appellent après l'H.
B. est maladroit mais c'est aussi pour ça qu'on l'aime.

***

Samedi, je me déguise en pigouin. Samedi, je dois faire la belle devant un jury, dans le cadre de la préparation aux oraux.Merci Carnot de nous imposer ça, surtout le week-end &, encore mieux, à dix jours du concours blanc.
Etréner un tailleur parfait, des escarpins parfaits, qui puent le neuf acheter pile poil pour l'occasion.
Se façonner un brushing parfait. Se ravaler la face pour effacer les signes de fatigue. Heureusement que l'anti-cernes Mac est là pour corriger les petites laideurs de mon teint de bidet.
Bref, une préparation digne de celle d'un marathonien, bien pire que pour un RDV avec un Bobby potentiel un brin tâtillon.

Répondre à des questions nazes du genre "Comment vous voyez-vous dans dix ans ?".
Hésiter entre faire la fille pudique qui rêve d'une vie plan plan avec 12 gosses et un poney ou bien la croqueuse d'hommes qui envisagent de régner sur Wall Street.
Chercher son rôle & se demander ce que l'on va bien pouvoir raconter à ces inconnus-là.

Se trouver un projet professionnel intangible. Un truc sérieux mais pas trop. Avec de l'avenir mais pas le nouveau Bill Gates non plus. Bref, de la mesure surtout, une petite vie bien rangée, de l'ambition, mais bien placée.

"Le monde dans lequel vous vivez vous convient-il ?"
Le monde en général, moyen. Mon monde à moi, moyen aussi.

"Quelle image de vous les autres vous renvoient-ils ?"
Chais pas, ça dépend surtout de si j'ai décidé de bien les aimer ou de les détester, et dans ce cas-là, de s'ils sont trops cons pour se défendre, ou pas.

"Cela vous importe-t-il ?"
En vrai, je m'en balance mais pour l'entretien, on va dire que non, que je suis sensible à toutes ces conneries-là, on sait jamais, ça pourrait me servir si un jour je décidais de me bonifier.

*** Conditionnement psychologique : phase 1 : enclenchée *** Je suis une jeune fille bien sous tout rapport ***

***

Ma phase de conditionnement fut un échec. Mon jury n'était même pas un avatar de jury. Un avocat et une femme au foyer pseudo bénévole de mes fesses. Bref une rien et un professionnel qui ne connait rien à ce que je veux faire de ma vie.

Le pire, c'est que j'ai usé de patience pour expliquer à cette connasse ce que je veux faire de ma vie. Effet de levier compris. Son cerveau engourdi par 30 années à torcher ses gosses a eu du mal à comprendre.

L'avocat était insidieux, insistant. Ses questions étaient viscieuses. Mais il avait le mérite de secouer ses neurones. Et puis quand il me posait une question, il me regardait. Bref, je ne serai pas trop vilaine avec lui ce soir. Il n'a juste rien compris. Il a juste un a priori énorme sur la finance. Oui, tous des gros rats avec les dents qui raillent le parquet. Le genre de gros rats qui le fait vivre.

Surtout que le LBO, c'est quasiment de la stratégie d'entrepise. Mais ce type de subtilité échappe à de tels cafards puants. Je les ai détestés dès que je suis rentrée dans la salle. J'ai réussi à les faire rire quand même.

Ma petite vengeance : je les ai grillés auprès de l'association, ils ne seront plus jamais conviés aux simulations.

***

Samedi, Maman a voulu m'accompagner à l'H. Ca faisait bien 2-3 mois qu'elle n'y avait pas foutu le pied : je calcule les RDV avec précision, pour que ça tombe pendant sa réunion hebdomadaire, histoire que la question de sa présence ne se pose même pas. Ca l'a fait enrager, j'aime bien.
Et puis comme ça, si j'ai pas envie de lui faire un debriefing, j'oublie même de lui parler du RDV. Et quand elle reçoit la note, elle gueule.

Cette semaine-là, je n'ai pas pu choisir alors j'ai supporté son noeud dans la gorge trois heures avant le RDV, son stress contagieux. Vérifier douze fois qu'on a tous les papiers, le chéquier.
Maman a pleuré quand on nous a expliqué les dernières analyses. Personne n'a compris pourquoi. Face à nous, deux hommes en blanc, 15 ans d'études chacun. "Un cas intéressant" qu'ils ont dit.
Ravie, messieurs. Ravie de vous intéresser.

Maman s'en est voulu d'avoir été si faible. Elle m'a dit dix fois : "Encaisse", "On va trouver.".
Pour que j'oublie tout, y compris mon retard abyssal en maths, on est allées chez Bompard et elle m'a forcée à essayer un pull 100% cachemire beaucoup trop cher. On ne solde pas le noir chez Bompard. Je ne sais pas porter autre chose que du noir un jour d'H.. Même pas du gris.
Mon sourire de La Muette au Carton ne lui aura coûté de deux cents euros.

***

Le frère de Lou, le prénommé J., est insupportable.Il me parle de David Douillet : il a peur de moi, c'est tout.
Je le prends de très haut & je retombe bien bas : il est mesquin, insolent. Il m'a laissée entendre que j'avais l'air de peser douze tonnes. Merci J., je crois que je me sentais pas suffisamment mal comme ça.
Je lui ai dit que je le préfèrais planté devant sur le seuil de ma chambre, mode potiche mec, à faire la bise en se lissant sa frangi-mèche.
Il l'a mal pris ; aucun humour.

***

NDBP n'est plus une personne très fréquentable. Je le pensais plein de poésie.
Finalement, il est blasé. Blasé de ne plus partager sa petite vie étriquée de "The Girl".
Blasé de se retrouver seul avec lui-même et de devoir faire avec.

Il aurait bien embrassé Lou mais ce n'est pas le genre de fille avec qui on a un plan cul.
Dommage.
"Chance ? Retourner à la case départ, sans toucher 200 euros."

Prochaine cible : Jacquot le versaillais, coup arrangé par A-L et son Prince William SVP.
Je mets une option sur son meilleur pote de promo.

***

Santa Barbara, épisode 2842 : J. & B. se sont disputés et réconciliés pour 112ième fois depuis cet été.
Du haut de ses 17 longues années d'expérience, J. a rencontré le 39-ième amour de sa vie.
B. tolère parce que B. est trop gentille, à tel point qu'on a bien envie de lui hurler dessus parfois, histoire qu'elle tombe de son petit nuage rose layette.
Après quelques messages d'insultes "anonymes", J. veut finalement rencontrer Lou, histoire de lui prouver combien il est brillant et plein de bonnes intentions.
Tout le monde y croit, naturellement. Enfin, surtout B.. Allez, je compatis.

vendredi, novembre 17, 2006

Chronique cinéma pour mon fidèle lectorat.

*** Le dahlia noir ***

C'est chiant, c'est gore, c'est étouffant. On s'ennuie mais on arrive pas trop à se couper de l'ambiance glauque.
Josh Hartnett est définitivement trop laid. Je comprends pas qu'on puisse lui trouver quoi que ce soit. Il a un regard bovin, une tête de veau, un corps de culturiste, je déteste. Repoussant. Il est à peine bon à jouer un rôle de playboy merdeux mode golden boy. Voilà, ça, c'est fait.
Sexe, meurtres et poudre blanche : De Palma a encore sévit.


*** Le concile de pierre ***

Je suis mitigée. Là aussi l'atmosphère est prenante, stressante.
Je crois que j'ai pas trop aimé. Y'a des aspects limite S.F et j'aime pas.

Le bon point : Monica Belluci est humaine et ça, c'est rassurant.
i.e : elle a des cernes, des rides et peut-être même de la cellulite.


Bon OK, c'était nul mais j'ai sommeil. Et puis de toute façon, j'ai rien de beaucoup plus constructif à en dire. Ca m'apprendra à détruire les critiques de première.

Ma vie est un joyeux trou noir

Alors là, je crois que je me suis pris l'engueulade téléphonique de ma vie.
"Nan mais c'est de l'inconscience, ça frise le suicide, j'espère que tu en as conscience."
Bon je commence au début.

---

Mercredi fin d'aprem. Ma nouvelle paire de bottes dans leur grande boîte au bout du bras, ma petite joie de la semaine. Un Diesel d'il y a trois ans à Londres, Oxford Street, même que je me demande à chaque fois par quel miracle mes fesses rentrent encore là-dedans. Ballerines explosées mais ballerines irremplaçables avec le talon qui claque, comme les chaussures de dame. Sauf que ça me torture pas les pieds et que j'ai pas l'air de mesurer deux mètres quarante.

Mission "trouver un taxi" accomplie en moins de cinq minutes. Grisonnant, bedonnant, Chérie F.M et T-Shirt Culture Pub. Mais sièges cuir & il a un G.P.S donc j'ai la tranquilité pour dix minutes, quinze avec la circulation. Je lâche l'adresse du Carton, je visse mon iPod dans mes oreilles.

Chopin. Paris Hilton. Franz Ferdinand. Re-Chopin. Et aussi re-Paris Hilton, je le confesse.

Un quart d'heure avant, à l'intérieur, bureau blanc, bureau froid. Chambre froide, chambre noire.

Troisième tentative pour signer la liasse de papier et cette fois-ci, c'est la bonne. Il n'y aura pas de quatrième RDV où j'arrive, la tête en vrac, les idées pas claires, à lister le pour, le contre. A comparer l'incomparable, l'avenir et le présent, aujourd'hui et demain, l'intuition ou la raison ...
Débarassée. Je paraphe, je lis et j'approuve. Je signe bon pour accord.

R. qui m'observe. Je lis ses pensées dans ses yeux et j'essaie de détourner les miens, histoire d'éviter ce qu'il n'a encore jamais vu.
R. ... L'archetype du mec de bon conseil qui veut le bien de tout le monde. De moi aussi.
L'archetype du mec qui a compris que c'était pas la peine de discuter avec moi, qu'une décision est une décision.

R., déconcerté. R., la cinquantaine grisonnante, qui me lâche : "Tu es une énigme", avec l'accent en prime. Sa voix douce, son regard plein d'incompréhension.
"Et qu'est ce qu'ils vont dire ? Et tu vas te faire engueuler ..."

"Je suis majeure."
Première fois que cette phrase traverse ma pensée et sort de ma bouche. Seule réponse possible en fait. Pleine de bêtise, de suffisance et d'illusion. Fallait bien trouver un truc et j'avais envie d'écourter le RDV.
Je suis majeure. Et alors. J'ai le droit de voter et de conduire. Mais apparemment je suis irresponsable quand même.
Je suis majeure. C'est moi qui signe. Je suis majeure.

Dans le taxi, les yeux embués. Chopin, l'harmonie parfaite, c'est plus beau que le silence (et que Daft Punk). Satisfaite quand même, la douce sensation de prendre ma vie en main, de suivre mon intuition, de m'en remettre à ma bonne étoile. Et puis ***on verra bien***.

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Ma vie est un joyeux bordel. Conclusion honnête, lucide et concise, faite hier, onze heures passées, vautrée entre les deux bornes Internet moyen-âgeuse du Carton, sur une table basse dégueulasse dont mon manteau d'amour ne s'est toujours pas remis.

Il paraît que je suis inconsciente. Possible.
Il paraît aussi que j'ai un caractère de merde. Approuvé.

Franky (N.D.L.R : Le psy que j'ai vu 4-5 fois et avec qui j'ai été trèèès vilaine.) m'avait confiée que j'avais des tendances obsessionnelles.
"L'obsession est une pensée angoissante qui s'impose et dirige toute la vie de l'individu, au point de lui faire perdre le sens de ses priorités."

Appel à ceux qui me connaissent pour de vrai :
***je ne suis pas concernée, hein ?***

Je sais que je classe mes bouquins par taille puis par éditeur, puis par matière, mais c'est parce que c'est mieux comme ça. Et puis mon iPod est aux antipodes du rangement obsessionnel. C'est l'anarchie la plus totale, 60 Go laissés au hasard. Ca, c'est de la preuve béton.

De toute façon, Franky était plutôt mauvais, je crois. Son sourire pincé, sa voix contrôlée, son silence prostré. J'avais envie de le secouer et de vérifier si c'est pas LUI qui a des problèmes sérieux.

Je m'égare.





J.F bien sous tout rapport.

Lundi, entretien de personnalité avec le beau vieux qui me sert de prof de lettres/culture générale. J'angoisse comme d'hab.
Dès le matin, ligne 9 puis ligne 3, sur le boulevard Malesherbes : conditionnement psychologique pour remplacer le "ça me saoule" par le "je suis une J.F bien sous tout rapport".

13H20, une salade acide dans le ventre, sur la mezzanine du hall Eiffel/Guy Moquet. Les sales mômes de Carnot qui bloquent les escaliers. Une sale envie de leur marcher dessus, pour voir comment ça fait. J'attends devant la salle en faisant les cent pas, je laisse trainer mes semelles sur le parquet antique.

A. sort de son entretien, l'air crispé. A. est un modèle de gentillesse, d'honnêteté, de serenité. Son seul problème : ses frequentations.

En piste. Sourire, regard franc et assuré, épaules ouvertes, dos droit, genoux serrés, frange lissée. Jean droit extra-brut. Ceinture cuir. Ballerines cuir. Pull qui va bien. L'uniforme habituel.

Même pas besoin de me présenter, les questions commencent de suite.
"Pourquoi la prépa ?"
Bonne question en fait. Je lui sors le discours pré-mâché que j'ai même fiché pour être bien certaine de pas trop déraper. Bah oui, vocation. Bah voyons. Non, le droit, j'ai hésité, mais en fait, une filière généraliste c'est très très important. Parce que moi j'aime tout, j'ai de la curiosité intellectuelle, tu vois quoi. Moui, je maitrise aussi les tics de langage (même les "genre", et la voix qui tremblote, l'intonation soit-disant parisienne et tout le tralala). J.F bien sous tout rapport, vous dis-je.

"Ah oui, vous voulez faire de la finance ? "
" Une carrière internationale ? Mais pourquoi ? Vous savez, les déplacements professionnels, ça devient vite contraignant, lassant ..."
J'argumente. Je le contredis en douceur, je m'affirme subtilement.
Ses petits yeux bleus enfoncés me scrutent. J'ai des frissons, j'ai la tremblote, je déteste ça, m'exhiber, leur mentir, me mentir pour mieux les convaincre, les convaincre que je suis LA personne à avoir dans leur école, les convaincre que je ferai une bonne élève bien engagée, de celle qui fait partie de douze associations et qui rêve d'être élue au BDE, et puis plus tard un bon cadre loyal et bien zélé.

On parle politique, Europe, Sarkozy/Royal, le sogenannter dilemme vie professionnelle/avoir des gosses. Non mais tout ça c'est super compatible. Surtout quand on n'a pas trop envie de s'encombrer avec des gosses.
Même pas eu le temps de caser mes loisirs, mes aspirations, les rêves et les envies. Comme si y'avait même pas un peu de place pour en parler, même quand je dois parler de ma petite personne.

Reprise du prof. Verdict.
Bétonner la finance.
Des qualités évidentes de communication et de négociation. (Je cite.)
Il a même dit que j'avais l'air d'avoir des compétences en diplomatie.
C'est VRAI je ne mens pas.
La sentence tombe : 14. Satisfaite : c'était l'objectif fixé par Boris avant de rentrer dans la salle.

Bilan personnel :
- Je sais faire la J.F bien, je sais être sage, mesurée, pleine d'optimisme, d'enthousiasme.
- Je maîtrise les sourires convenus, les regards charmeurs mais pas insolents.
- Je sais mentir, je sais me mentir.

dimanche, novembre 05, 2006

Non, c'est pas possible. C'est un cauchemar, réveillez-moi.
Non, c'est pas possible que TOUT arrive en même temps.
Y'a tout qui tombe en ruine, qui s'écroule comme un château de cartes.

Là, j'ai qu'une envie : m'endormir et surtout, ne pas ouvrir l'oeil avant 3 ou 4 mois.

vendredi, septembre 22, 2006

Quand j'étais petite ...





Je croyais que les chats étaient des tigres qui n'avaient pas mangé assez de soupe.

Je croyais que si j'avalais les pépins des fruits, l'arbre avait des chances de pousser dans mon ventre.

Je croyais que mon père était comme James Bond, qu'il avait des missions secrètes un peu partout dans le monde, que c'était un héros.

Je croyais qu'à 20 ans, je serai mariée avec chien et enfants à charge.

Je croyais que tout le monde était juif.

Je croyais que tous les aliments rouges étaient fabriqués avec du sang humain ... Ceci explique celà.

Je croyais que l'ordre des mots dans la phrase, c'était pareil quelle que soit la langue et qu'il y avait un équivalent pile-poil pour chaque mot.

Je croyais qu'on pouvait parler indifféremment allemand et français à Paris, et que tout le monde comprenait.

Je croyais que, quand un film passait à la télé, il était joué quelque part en même temps et retranscrit en direct (un peu comme une émission en live). J'ai commencé à me poser des questions quand j'ai revu plusieurs fois les mêmes films.

Je croyais que le sel faisait refroidir les plats et qu'on pouvait faire du ski sur les nuages.

Je croyais qu'on faisait l'amour une fois pour chaque bébé et après c'est fini.

Je croyais que si j'écrasais les fourmis, j'allais me faire écraser par un géant pour me punir.

Je croyais que les prostituées vendaient leurs organes vitaux ou bien un membre de temps en temps, pour gagner leur vie.

Je croyais que le fax, c'était une sorte de maxi-téléphone arabe souterrain (?!).

Je croyais qu'en politique, la Gauche, c'était les gauchers, et la Droite, les droitiers ...

Je croyais qu'on me couperait les pieds s'ils dépassaient de ma couette ou de mon lit.

Je croyais qu'on vivait à l'intérieur de la planète et non pas dessus ... sinon on serait déjà tombé, bien sûr.

Je croyais que les femmes enfantaient les petites filles et les hommes, les petits garçons.

Je croyais que les gens mourraient pour de vrai dans les films et je les trouvais très, très idiots d'accepter ça.

Je croyais que je pouvais m'envoler avec un parapluie ou un ballon gonflé à l'hélium.

Je croyais qu'avant, on vivait en noir et blanc.




*** Elle est mignonne. ***

samedi, août 19, 2006

J'ai le syndrome Peter Pan, j'ai le sourire béat.

J'ai le syndrome Peter Pan. Je fais la fifille à papa pour obtenir ce que je veux. Je fais les yeux de l'amour, sans contrarieté, avec arrière-pensées. Je tape des pieds, je boude, je grogne.
Allez laisse-moi conduire ta voiture. Mais je vais pas la casser. T'as pas confiance hein.

Je fais la fille ingrate avec sa maman, qui lui reproche limite d'avoir été malade. Et après je m'en veux à mort mais je suis trop fière pour m'excuser dignement.

J'ai le syndrome Peter Pan : j'ai pas envie d'avoir 20 ans, j'ai même pas envie de les fêter. C'était à l'ordre du jour y'a six mois et maintenant plus du tout.
Je rentre dans la vingtaine et y'a tout ce qui va avec qui se précipite sur moi : avancer dans les études supérieurs, finir ses études, recevoir son diplôme, chercher un boulot, quitter le domicile familial, s'installer chez soi, seule ou accompagnée, travailler, travailler pour de vrai, avoir des responsabilités, gagner son argent, le gérer, déclarer ses revenus, payer ses factures, ses impôts, s'acheter une voiture, un appart, défiscaliser, hériter, penser à avoir des enfants un jour, penser à se marier un jour peut-être, partir à l'étranger, prendre une année sabatique et faire le tour du monde en amoureux, s'engueuler, se séparer, retour case départ, célibat-plat préparé individuel-speed dating-saint valentin entre filles-RDV ratés, réussir sa vie professionnelle, échouer dans sa vie personnelle, organiser ses vacances quand on veut ...
Je délire un peu. Ou pas. J'envisage juste l'univers des possibles.
Bref, j'ai pas envie que ça arrive. Je préfère rester étudiante et sous la vingtaine. Bon, pas en prépa, faut pas abuser non plus. Mais étudiante quand même.

Et puis je fais la fille exclusive qui veut s'accaparer son copain même quand il est à 1000 kilomètres. Je fais la fille chiante qui le martèle pour qu'il rentre tel jour, pour qu'il prenne son billet de train sinon-bientôt-y'en-aura-pu.
Colin et moi, on s'est fiancé sur nos profils MSN. Ca, c'est du concret.
NDLR : Que j'entende pas quelqu'un jaser sur son prénom sinon je lui casse la gueule.

Bon, faut que je l'avoue : ça me tue d'être aussi niaise que tout les couples que je critique depuis un an (voire plus). Ca me rappelle MC et Schanki alias Le Poète. J'ai le sourire, je suis de bonne humeur, je suis heureuse, je pense à Quelqu'un en me réveillant, en m'endormant. Même que mes parents se posent des questions sur mon état de santé tellement je suis agréable, facile à vivre (oui, je fais ma Marseillaise là : j'en rajoute un peu). Et puis on s'est pas encore montré en public, enfin devant mon public i.e mes ami(e)s. Je suis sûre que ça va être trop gratiné et que je vais me faire troller : je suis devenue NIAISE.
Lucile : tu me fais une réflexion à la rentrée, je te défigure et je te casse les deux genoux. Et compte pas sur moi pour pousser ton fauteuil après, je suis pas une fille facile.

La remarque intéressante du jour : Paris Hilton chante trop mal. Heureusement qu'elle est bien gaulée sinon elle serait bonne à être euthanasiée.
On peut aussi être dodue-cuissue-ventrue-fessue (barrer les mentions inutiles) ET mal chanter sans pour autant mériter d'être pendue haut et court.

[Instinct de survie, quand tu nous tiens.]
Je suis tombée amoureuse de Cohen, Daniel de son petit nom. J'ai plus qu'à intégrer l'ENS en Eco pour le rencontrer. Ce mec pue l'intelligence. Et aussi le savoir. Merci Rodolphe pour tes conseils de lecture.
Le 15 août est passé ; dans ma tête, c'est comme si les vacances étaient finies. Faut déjà s'organiser pour l'internat, faire des trucs chiants qui servent à rien, genre pallier les incompétences chroniques de la RATP ou de la SNCF, je sais pas bien.

J'essaie de bosser sans pour autant me foutre la pression, chose difficile quand on voit la montagne de trucs qu'il me reste à faire. En boucle dans ma tête, du matin jusqu'au coucher : stresse pas, ça va aller.

Trouver de nouveaux morceaux pour farcir mon Ipod dignement : il ne peut pas rester une année de plus à l'état de poubelle dans lequel il se trouve. Déjà qu'il est tout rayé alors si en plus je garde les intégrales de Manson et Pagny, où va le Monde.

Ecouter Frank Sinatra sans arrêt. Frank Sinatra qui chante joyeux anniversaire. Frank Sinatra et Nancy. Frank Sinatra qui chante des trucs qui vont être (mal) repris par des groupes hip-hop merdeux de quand j'avais douze ans. Frank Sinatra qui chante des chansons d'amour. Des chansons d'Amour. LA chanson d'Amour.

J'essaie de remplir mes obligations de bonne copine mais en fait, j'arrive pas. J'arrive pas à appeler, j'ai pas envie de déranger, je veux pas en parler. J'ai le spleen. Je sais pas pourquoi mais j'ai le spleen. C'est les concours, le "stress des exams", tiens. Sauf que y'a pas d'exams. Y'a pas de place pour les nazes et les autres. Y'a juste les élus.
En parlant d'élus, J. a eu Ulm et elle s'est positionnée 4ième ... C'est pas à moi que ça va arriver. D'un côté, je prépare pas Ulm. Heureusement.

Ce fucking spleen me lâche pas, j'écoute toujours les mêmes chansons pourries comme si j'étais au bord du suicide. MAIS TU VAS BIEN, REVEILLE TOI, TOUT VA BIEN. Et si t'as pas HEC ou assimilable, tu vas PAS mourir.
Tellement le spleen que je fais ma parano sur la Chose noire alors qu'elle est en train de se faire la malle. Elle me lâche cette pute. Casse-toi et t'avises pas de revenir pendant mes concours. Moi, je bosse. Et c'est du sérieux.

Sinon, je pense que Fo est mort. Mais tout le monde pense ça.
Et Bérénice a trouvé l'amour. L'Amour. Pff. MAIS TOI AUSSI, BORDEL. Bon tu vas pas habiter avec lui dans ton propre appart en plein 5ième MAIS il est sexy. Pas que Koalo soit pas sexy ... Enfin, je sais pas on verra, si on le voit.
Moi, mon Némo, c'est une bête de sexe. Il est devenu tout rouge, tout gêné quand j'ai dit ça. Et il en parle encore. J'ai pas trop réfléchi quand j'ai dit ça, c'était sur un coup de tête pour tester, et ça lui a bien plu. Tant mieux et puis c'est pas faux en fait. Il m'envoie des textos d'amour. Des textos d'Amour (enfin, c'est soft, rassurez-vous, on fait pas l'amour au téléphone, nous).